
u départ, COULEURS
PRIMAIRES est un phénomène littéraire comme (presque) seuls les Américains
savent en créer.Lorsqu'en 1996, un libre intitulé PRIMARY COLORS, et
signé par un "Anonyme" sort aux U.S.A., le choc de la vague atteint de nombreux
pays. Le livre, en effet, est une soi-disant satire très cynique de la campagne
présidentielle de CLINTON en 1990. Les exemplaires du livre s'arrachent comme des petits
pains, ainsi que les droits internationaux. Il n'en faut pas plus pour que
l'"Anonyme" sorte de sa tanière: Joe KLEIN, journaliste de "NEWSWEEK"
reconnaît avoir écrit le livre, plus ou moins forcé par une "enquête"
serrée sur l'identité de l'au- teur
Lorsque, quelques mois plus tard, les PRESSES DE LA CITE sortent l'ouvrage
en France, la déception est grande. Peu être par manque de résonance au pays des
Gaulois, COULEURS PRIMAIRES.nous apparaît comme une intrigue à petites
jambes, sans ressort dramatique réel. Mais c'est déjà trop tard : tout Hollywood
s'excite sur une adaptation cinématographique. KLEIN, pas si mécontent d'avoir été
découvert, se met vite à l'ouvrage d'une suite au livre-scandale. C'est le réalisateur
Mike NICHOLS, tout juste sorti du dramatique THE BIRDCAGE, qui arrache
les droits pour la rondelette somme de plus d'un million de dollars. Le réalisateur a
probablement besoin de rappeler au public qu'il sait faire autre chose que de la comédie
débile.
COULEURS PRIMAIRES suit l'itinéraire de Jack STANTON,
jeune gouverneur des Etats-Unis qui décide de se lancer dans la course à la Présidence.
Pour ce faire, STANTON va traverser les Etats-Unis pour convaincre le maximum d'électeurs
à voter pour lui. Il y est aidé par un bagout inimitable, mais surtout une équipe de
partisans qui lui sont dévoués corps et âmes. A leur tête, l'épouse de STANTON,
Susan, qui le suit depuis ses débuts en politique, mais aussi un homme étrange, Richard
JEMMONS, considéré comme le meilleur stratège du parti de STANTON. Obsédé par Winona
RYDER, l'homme provoque de nombreuses engueula- des dans l'équipe, harcelant toutes les
jeunes partisanes du parti ressem- blant de près ou de loin à l'actrice. Ce petit monde
va donc vivre plusieurs mois d'une folle course au pouvoir, rythmée par les élections
primaires (qui donnent leur titre au livre), les multiples "casseroles" et
incartades conjugales du couple STANTON, ainsi que le combat du candidat vers son
principal adversaire : le gouverneur HARRIS, aidé de son fidèle acolyte Freddy PICKER.
La distribution des rôles de COULEURS PRIMAIRES posa
tant de pro- blèmes qu'elle retarda à plusieurs reprises le début du tournage, malgré
les pressions du studio, UNIVERSAL, qui poussait pour sortir au plus vite ce qui sera à
coup sûr un film-événement. Deux facteurs posaient problème aux agents des stars :
d'une part, le caractère événementiel du film, tou- jours profitable à une carrière ;
d'autre part, la teneur politique du livre, critiquant quasi-ouvertement le régime
CLINTON, ce qui n'aidait pas de nombreux acteurs qui, aux Etats-Unis, n'hésitent pas à
faire montre de leurs préférences politiques dans des camapgnes hautement médiatisées.
Ainsi, Tom HANKS, parti favori pour le rôle de STANTON dès l'annonce du projet, se
désista bien vite, compte-tenu de ses amitiés poussées avec CLINTON. John TRAVOLTA fut
moins scrupuleux, et accepta rapidement le rôle pour la modique somme de 17 millions de
dollars. Emma THOMPSON, également "clintonniennne", accepta finalement le rôle
de Susan, la première dame du film. Mais ses réticences ne furent pas que politiques :
la comédienne favorite de Kenneth BRAN- NAGH n'accepta le rôle qu'à la condition
expresse que soient retirées du scénario de nombreuses pages racontant une liaison
homosexuelle de l'épouse du gouverneur...
COULEURS PRIMAIRES promet également une galerie assez
peu communes de seconds rôles. Ainsi, dans le rôle de Richard JEMMONS, nous retrouverons
Billy Bob THORNTON (SLINGBLADE), décidément très en vogue. Freddy
PICKER, le personnage haut en couleurs du conseiller de l'adversaire de STANTON, sera,
lui, tenu par Larry HAGMAN (oui, celui de DALLAS), après que Jack
NICHOLSON en personne se soit "désisté" (comprenez: il demandait dix millions
de dollars pour un rôle secondaire). D'autres acteurs tels que Maura TIERNEY ou Adrian
LESTER seront également au générique. Côté scénario, la victoire n'est pas encore
là, puisque c'est Elaine MAY, tristement célèbre réali- satrice de ISHTAR,
qui tient la plume.
Des retards dans le tournage empêcheront COULEURS PRIMAIRES
de sortir comme prévu à Noël aux U.S.A., et ainsi concourir pour les pro- chains
Oscars. La date de sortie définitive (?) vient d'être fixée par UNI- VERSAL au 20 Mars
prochain. Et dans ces conditions, une sélection au festival de Cannes 98 serait tout sauf
surprenante...
C.G.
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LE COMPTE-RENDU EXCLUSIF DE LA PROJECTION-TEST
DE COULEURS PRIMAIRES !
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