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Jackie Brown Vs. Scream 2

Loin des batailles rangées qui ont récemment opposé DISNEY et FOX quant à leurs sorties respectives de LA PETITE SIRENE et ANASTASIA (DISNEY ayant essayé d'empécher FOW d'obtenir le nombre de salles voulues pour son "gros" film de fin d'année), MIRAMAX vient de frapper très fort, puisque le grand "duel" du box-office de cette fin d'année aux U.S.A. se jouera entre deux de ses productions: d'une part JACKIE BROWN, le nouveau TARANTINO, et d'autre part SCREAM 2, film le plus attendu par le jeune public depuis probablement INDEPENDENCE DAY. Les deux films sortiront respectivement sous la bannière MIRAMAX/A BAND APART pour le premier, et DIMENSION FILMS (filiale des films "de genre" de MIRAMAX), pour le second. SCREAM 2 sortira le 12 Décembre, tandis que JACKIE BROWN sera, lui, sur les écrans le 25. Le duel sera probablement plus féroce que ce que l'on imagine, les deux films présentant au delà de leurs différences de subtiles ressemblances.

En premier lieu, chaque film est attendu comme une suite. Si l'on ne sait que peu de choses sur le scénario de SCREAM 2, c'est surtout là le retour d'une des franchises au succès le plus surprenant de l'année dernière. Quant à JACKIE BROWN s'il est, certes, une oeuvre originale n'appartenant à aucune série, la personnalité charismatique de son réalisateur fait que le public l'attend plus comme "le troisième TARANTINO" qu'en tant qu'oeuvre à part entière, comme ce pourrait être le cas pour n'importe quel nouveau film d'un réalisateur X ou Y. Seul le bouche à oreille dira la qualité ou les défauts du films. Le premier week-end se jouera néanmoins Jackie Brown Vs. Scream 2sur l'effet de surprise. Une affirmation qu'il est inutile de répéter pour SCREAM 2, pour lequel on s'attend dejà à un record d'affluence dans les salles.

Les deux films se basent également sur des personnages principaux féminins. Si l'on comprend ça pour un BEIGNETS DE TOMATES VERTES, c'est néanmoins plus rare pour les genres des films qui nous intéressent ici, à savoir l'action dans le style "blaxploitation" pour JACKIE BROWN, et l'horreur/suspense pour SCREAM 2. SCREAM, proba- blement par la volonté d'être "sexy", faisait déjà la part belle aux person- nages féminins : outre Drew BARRYMORE qui ouvrait le film, ce sont tout de même la divine Neve CAMPBELL et Courteney COX qui menaient la danse. Dans cette séquelle, Neve est de retour (quelques centimètres de cheveux en moins), tout comme Courteney, auxquelles vient se joindre Sarah Michelle GELLAR, star du petit écran qui a récemment crevé le grand dans I KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER.
Le cas de JACKIE BROWN est plus complexe. On a souvent reproché à TARANTINO la trop forte tendance masculine de ses films. Il se rattrape ici, offrant à Pam GRIER, star de la blaxploitation des années 70, le premier rôle de son nouveau film, titré du même coup du nom du person- nage. Egalement au générique, Bridget FONDA, qui a oublié sa prestation dans le remake U.S. de NIKITA, qui offrira probablement à JACKIE BROWN un personnage de teneur égale à celui d'Uma THURMAN dans PULP FICTION.

Outre leurs différences de scénario, les deux s'affichent ouvertement comme étant des hommages à des genres bien particuliers, oubliés ou, au contraire, trop exploités. Si l'on espère de Wes CRAVEN qu'il saura aussi bien se Jackie Brown Vs. Scream 2moquer de manière respectueuse des suites, tout comme il avait su si bien le faire des "shock-movies" avec le premier SCREAM, on imagine sans problème que Quentin TARANTINO saura rendre aux films de blax- ploitation qui lui sont si chers un hommage vivant digne de sa qualité de réalisateur. Les deux films promettent d'ailleurs des scènes que l'on espère d'ores et déjà d'anthologie: pour SCREAM 2, un "film dans le film" intitulé STAB, qui relate les événements du premier épisode ; pour JACKIE BROWN, des scènes au language cinématograhique oublié, telle une séquence promise en "split-screen", ressucité ici par Maitre Quentin.

De nombreux autres points communs pourraient être énumérés : les affiches des deux films sont quasiment identiques ; ils font tous deux appel à une imagerie très "sexy" ; SCREAM 2 et JACKIE BROWN sont tous deux le retour de metteurs-en-scène adorés par le public et la critique... Bref, la lutte reste plus sérrée qu'on ne le croit. Et une fois encore, les chiffres du box-office seront seuls juges. En France, ce duel amical risque bien de ne pas avoir lieu : JACKIE BROWN est annoncé pour Février ou Mars () moins qu'une sélection à Cannes n'en retarde la sortie), et SCREAM 2 marchera sur les pas de son premier épisode, c'est à dire qu'il y a de grandes chances que ce soit le film le plus "in" de l'été 98. En attendant, disons "Merde !" à chacun de ces deux films que nous attendons avec la plus grande impatience et vigilance...  

C.G.


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